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Le suivi psychologique du patient

La place des traitements médicamenteux dans un suivi psychologique

Par franeilla.yonie4 min de lecture

Séance d’intervision du 26 octobre 2026

Cette séance d'intervision porte sur la place des traitements médicamenteux dans la pratique des psychologues. Elle interroge trois points : comment orienter vers un psychiatre malgré les délais, comment aborder la peur de l'addiction aux médicaments, et comment préserver l'alliance thérapeutique quand l'orientation est mal vécue.

Les notions clés : l'alliance thérapeutique, la temporalité, l'urgence, le travail en réseau et l'acceptation du diagnostic.


Difficultés d'accès au psychiatre

L'accès est long et le parcours des urgences psychiatriques est stressant, ce qui conduit parfois à passer par les urgences alors que ce n'était pas nécessaire au départ.Il faut d'abord évaluer si la problématique est médicale ou relève d'un soutien psychologique, et si ce soutien peut se faire à distance ou nécessite du présentiel. En cas de détresse ou de risque suicidaire, communiquer le 3114 pour aider le patient et protèger le professionnel sur le plan de la responsabilité.Pour un patient désorienté ou en danger (par exemple alcoolisation), il faut orienter vers l'urgence ou le SAMU, même à distance. Si le patient présente des traits persécutifs, un message écrit avec le numéro des urgences peut être préférable à un appel, ainsi le patient conserve les informations. Cependant cela dépend aussi du patient.


Aborder la question du traitement


La peur de la dépendance est fréquente chez les patients. Le psychologue peut temporiser et présenter l'approche psychiatrique comme un levier, complémentaire à la thérapie si celle-ci ne donne pas les effets attendus (« d'ici trois séances, on fait le point »). Il est important d'impliquer le patient pour que la décision vienne de lui. Dès le premier entretien, on peut demander s'il y a déjà pensé ou s'il suit un traitement, ce qui renseigne sur sa conscience du trouble.En cas de refus, on explore d'autres pistes : psychothérapie, dispositifs associatifs du territoire, médecin traitant si le délai est trop long pour consulter le psychiatre.

Le psychologue joue un rôle essentiel dans l'alliance avec le psychiatre : il aide le patient à comprendre la nécessité du traitement, ses effets secondaires et les signes à relever.


Structures et ressources


Des dispositifs en binôme psychologue-psychiatre existent, comme Avipsy (consultation de 45 minutes, payante) ou Novapsy. Des centres médico-sociaux associatifs (addiction, bipolarité, violences) sont gratuits ou remboursés. Certains patients sont orientés d'abord vers le médecin généraliste pour éviter la peur du « psychiatre », parfois associée à un vécu traumatique de l'hospitalisation.Les Centres Ressources Autisme sont décrits avec une liste d'attente très longue (un à deux ans d'attente), un parcours anxiogène. Un diagnostic tardif remet en jeu l'identité de l'adulte, notamment professionnelle.


Quand l'orientation fragilise l'alliance


Le cas clinique évoqué est celui d'un patient isolé, épileptique, avec une composante d'allure psychotique, qui rejette la psychiatrie et le médecin généraliste. Son seul lien avec le monde soignant est le psychologue, en plus d'un neurologue vu une fois par an. Dans ce cas, orienter vers le psychiatre peut être contre-productif, car cela met en péril l'alliance. Il vaut mieux chercher ce qui a fait échouer ses précédentes relations avec les médecins. La psychothérapie permet malgré tout des avancées : expression de ses angoisses, meilleure insertion psychosociale, déplacements et vacances lors des séances en visio.


Temporalité et posture


Il est difficile d'évaluer si l'on peut attendre ou s'il faut orienter immédiatement. Orienter trop vite par inquiétude peut nuire à l'alliance : le patient a eu peur, a beaucoup annulé et s'est fermé. Il faut faire confiance aux patients et à leur capacité à vivre avec leur trouble, tout en gardant l'urgence vitale (SAMU, pompiers) comme limite.Face à une habituation à la détresse, le psychologue peut suggérer, questionner et formuler, par exemple : « La prise d'un médicament pourrait vous faire du bien en ce moment ? ». Cela est possible si l'alliance est assez solide.Il est important de rencontrer les professionnels du territoire et élargir son réseau, cela aide à ne pas travailler seul, mais cela reste rare en pratique. Le diagnostic posé par un psychiatre guide le suivi, à condition que le patient l'accepte, ce qui est aussi un travail thérapeutique.


À retenir avant d'orienter un patient en psychiatrie

• Évaluer si la problématique est médicale ou relève d'un soutien psychologique. • Déterminer si un suivi à distance suffit ou si le présentiel est nécessaire. • Impliquer le patient dans la décision et préserver l'alliance : une orientation trop rapide ou imposée peut entraîner annulations et fermetures.


Les pros avec qui le psy doit collaborer


Le psychologue doit avoir dans son répertoire, un médecin généraliste de confiance et un psychiatre vers qui orienter ses patients ou s'informer. • Médecin traitant : si le délai est trop long pour voir un psychiatre, on propose un médecin généraliste. Ce professionnel est souvent plus accepté par les patients effrayés par la psychiatrie. • Psychiatre et confrères psychologues

Numéros et situations d'urgence • 3114 : numéro national de prévention du suicide, à communiquer en cas de détresse ou de risque suicidaire (protège aussi le professionnel sur le plan de la responsabilité). • SAMU : en cas d'urgence vitale ou de désorientation (alcoolisation par exemple), même à distance.

Ressources • AviPsy : binôme psychologue-psychiatre, consultation de 45 minutes, payante. • Novapsy : dispositif en binôme psychologue-psychiatre. • Centres médico-sociaux associatifs (addiction, bipolarité, violences) : gratuits ou remboursés.

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